Hommage à Sonia – Avignon 2018

Un hommage à Sonia a été rendu le 10 juillet 2018 à la Maison Jean Vilar

Avec les témoignages de  :

Jacques NERSON, critique de théâtre au Masque et la Plume, à L’Obs…

– Jean-François PERRIER, acteur.

Yan TASSIN, petit-fils de Sonia, acteur.

– Jacques TEPHANY, ex-directeur de la Maison Jean Vilar.

Philippa WELHE, professeur émérite d’Études Théâtrales à l’Université Purchase (USA).

Entrée au TNP en 1956, Sonia est chargée de la conquête du public, entre autres, par le biais des groupements et des associations. Elle parcourt la banlieue en tous sens de comités d’entreprise en lycées et devient alors la première à mettre en œuvre ce type de relations avec le public. Ce rôle de pionnière lui a valu de donner de nombreuses conférences pendant et après ses années TNP (1955-1966) et d’ouvrir largement ses archives à de nombreux chercheurs ; archives qu’elle a tenu à léguer à l’Association Jean Vilar.

Elle fut aussi et surtout, de l’aveu même de Jean Vilar, une collaboratrice hors pair : « fidèle collaboratrice, reine-ouvrière d’Avignon et de Chaillot ». Les innombrables notes de travail, mémos et correspondances échangés au cours de ses années TNP et Festival d’Avignon témoignent de cette complicité qui au fil du temps devient une véritable amitié, de la diversité des tâches accomplies et de l’adhésion sans faille de Sonia à ce projet de théâtre populaire porté par Jean Vilar. Sonia aura vécu cette grande aventure qu’a été la rencontre réussie et effective entre un théâtre et un large public.

Le Festival d’Avignon 1964, inaugure Les Rencontres du Verger. L’organisation et la programmation de ces manifestations annexes (conférences, débats, lectures, musique, …) sont confiées à Sonia ce qui lui vaudra dans la presse locale le titre de « Papesse du verger ».

A la mort de Jean Vilar, elle continua à travailler pour le Festival et à accompagner ses successeurs. Membre fondatrice de l’Association Jean Vilar, elle conserva cette place si particulière qui était la sienne un peu en retrait mais toujours vigilante sur l’éclairage que peut apporter cette histoire aux interrogations actuelles.

Redevenue simple spectatrice, elle fit de la cour de la « Maison » pendant le festival son quartier général, y donnant ses rendez-vous, commentant les derniers spectacles, suivant les débats de la calade, y retrouvant chaque année avec un égal bonheur ses compagnons d’aventure, de moins en moins nombreux au fil des ans. Du festival, elle disait « cette année, c’est le dernier » mais elle en suivit plus de 60, record que personne n’égalera jamais. Il n’y avait chez Elle ni nostalgie, ni regret pour cet « âge d’or » du Festival mais bien le sentiment d’avoir eu la chance de pouvoir bien servir une noble cause. Évoquer son parcours sera pour ses amis une façon de nous faire partager chacun un peu de sa « Sonia », de la mettre « au centre des regards et des pensées de son public, elle qui n’en eut jamais et qui en procura en si grand nombre à ses amis acteurs ! » (Jacques Téphany).